Vous vivez maritalement et vous envisagez d’acheter ensemble votre résidence principale
Juridiquement vous n’avez pas de liens avec votre concubin, c’est pourquoi vous ne bénéficiez pas des mêmes dispositions que les couples mariés qui acquièrent un logement.
Vous avez donc particulièrement intérêt à organiser l’acquisition de votre logement pour éviter les déconvenues qui pourraient entraîner la nécessité de vendre, au décès de l’un d’entre vous ou en cas de mésentente.
Les précautions sont d’autant plus importantes que vous avez des enfants avec votre concubin et/ou d’une autre union.
Prenez conseil auprès d’un notaire : il vous aidera à déterminer la solution la mieux adaptée sur le plan juridique et fiscal.
Plusieurs formules d’acquisition sont possibles, notamment, l’achat en indivision, formule la plus courante ; la tontine, rare en pratique ; ou l’achat en SCI, société civile immobilière.
Vous devrez opérer un choix délicat, en fonction des incidences fiscales et des personnes que vous cherchez à protéger en priorité, particulièrement au décès de l’un d’entre vous : les enfants ou le concubin survivant.
Vous partagez la propriété du logement,
Veillez à ce que la répartition qui figure dans l’acte de vente corresponde à la contribution de chacun d’entre vous au financement du logement.
Vous ne pouvez vendre le logement sans l'accord de l'autre. Toutefois si l’un de vous détient au moins 2/3 des droits dans l’indivision : il peut accomplir seul les actes d’administration (ex : souscription ou résiliation d’une police d’assurance, engagement de travaux d’entretien sur le bien indivis, engagement d’une action en justice…) ou vendre des meubles indivis pour payer les dettes de l’indivision. Il peut également envisager la vente du logement sans l'accord de l'autre, à la condition de respecter la procédure suivante : il doit solliciter l'intervention d'un notaire en vue de formaliser le refus de l'autre par procès-verbal, puis saisir le juge du tribunal de grande instance sur la base du procès-verbal en vue d'obtenir l'autorisation de vendre le loge- ment. Le juge doit s'assurer que la vente projetée ne porte pas une atteinte excessive aux droits de celui qui s'oppose à la vente.
Si le logement est situé dans une copropriété, vous devez vous mettre d’accord sur celui qui aura pouvoir de voter en assemblée générale.
Si l’un d’entre vous veut mettre un terme à l’indivision et demande le partage, l’autre ne peut pas le refuser. En cas de refus, il est nécessaire de recourir au tribunal.
Etablie par acte notarié, dans l’acte d’acquisition ou séparément, elle prévoit les modalités de gestion de l’indivision et la situation en cas de séparation ou de décès.
La convention peut être établie pour une durée déterminée, dans la limite de 5 ans maximum, renouvelable tacitement pour une durée déterminée ou indéterminée.
Elle peut prévoir :
Pour financer l’acquisition, renseignez-vous sur les avantages que pourrait présenter, dans votre cas, un contrat d’assurance-vie.
Si vous êtes d’accord pour vendre le logement, vous vous partagez le prix, proportionnellement à vos quotes-parts respectives. Celui qui désire conserver l’immeuble a un droit de priorité pour racheter sa part à l’autre.
Vous pouvez aussi décider de maintenir l’indivision et convenir que l’un d’entre vous restera dans les lieux en contrepartie d’une indemnité dont vous fixerez ensemble le montant.
Lorsque vous achetez en commun votre résidence principale, il s’agit d’une convention insérée dans l’acte d’acquisition, appelée clause de tontine, qui, au décès de l’un d’entre vous, rend le survivant, seul propriétaire du logement, quelle que soit sa part versée lors de l’achat.
De votre vivant vous bénéficiez l’un et l’autre d’un droit de jouissance commun sur le logement.
A défaut d’accord pour renoncer à la clause et vendre le logement, la situation est bloquée jusqu’au décès de l’un d’entre vous. Le tribunal ne peut pas vous départager.
A la différence de ce qui est possible en indivision, aucun d’entre vous ne peut exiger le partage.
Lors du décès du premier d’entre vous, le survivant se retrouve seul propriétaire du logement et il est considéré l’avoir été depuis la date d’acquisition du logement. Le coacquéreur décédé est réputé n’avoir jamais été propriétaire du logement. Ses héritiers n’ont aucun droit sur le logement.
Si le bien acquis constitue la résidence principale des deux acquéreurs, au jour du premier décès et si sa valeur globale à cette date est inférieure à un certain montant (76.000 € au 1.12.2009), la transmission est taxée comme une vente. Si le prix du bien excède ce chiffre, le survivant devra acquitter des droits de succession au taux de 60% sur la moitié de sa valeur.
Vous avez intérêt à en confier la rédaction à un professionnel, un notaire, par exemple. Les frais d’acte sont fixés librement : renseignez-vous auprès du notaire sur leur montant.
Vous recevez des parts sociales proportionnelles à vos apports respectifs. C’est la SCI qui achète et devient propriétaire du logement ; vous êtes l’un et l’autre locataires ou occupants à titre gratuit de la société. Vous devez tenir des assemblées et une comptabilité régulière. Vous êtes chacun indéfiniment responsable des dettes de la SCI, proportionnellement à votre quote-part.
Si l’un d’entre vous est déjà propriétaire d’un logement, il peut l’apporter en nature à la SCI constituée à cet effet : en contrepartie, il reçoit des parts pour une valeur équivalente. Il peut apporter à la SCI la pleine propriété du bien ou la seule nue-propriété.
Les statuts peuvent prévoir que, de votre vivant, vous n’avez pas le droit de céder vos parts à une personne extérieure à la SCI, même à vos ascendants ou descendants.
L’un des associés (vous ou votre concubin) peut toutefois racheter les parts de société de celui qui veut céder.
Les statuts de la SCI peuvent notamment prévoir qu’en cas de décès du premier d’entre vous, la société sera dissoute ou qu’elle continuera avec le seul associé survivant ; le survivant pourra dans ce cas racheter aux héritiers, sans qu’ils puissent s’y opposer, la valeur de leurs parts.
Il est plus difficile de sortir d’une SCI que de faire cesser une indivision.
En cas de désaccord, vous devrez saisir le tribunal qui peut prononcer la dissolution ; celui qui habite le logement pourra demander au juge qu’il lui soit attribué en priorité.
Chacun d’entre vous achète la nue-propriété d’une moitié indivise des titres et l’usufruit de l’autre moitié.
Lors du décès du premier d’entre vous, l’usufruit du défunt s’éteint ; le survivant se retrouve avec la moitié en pleine propriété sans droit de succession à payer et conserve l’autre moitié en usufruit. Les héritiers ne récupèrent que la moitié en nuepropriété du défunt ; le concubin survivant évite ainsi le risque d’être évincé du logement par les héritiers du défunt.
Au décès du second concubin, la pleine propriété de la moitié des parts va aux héritiers du premier défunt, l’autre moitié aux héritiers du second défunt.
La décision de dissoudre la SCI est prise dans les conditions prévues par les statuts (à la majorité ou l’unanimité).
S’agissant d’une SCI avec deux concubins, chacun possède la moitié des parts et l’usufruit de l’autre moitié et peut s’opposer à la vente de l’immeuble.
Le concubin ne doit pas être héritier ou légataire.
Les associés de la SCI ne peuvent, ni bénéficier d’un prêt à 0 %, ni utiliser leur plan d’épargne logement pour l’acquisition. Toutefois, sous certaines conditions, ils peuvent bénéficier du crédit d’impôt en faveur des économies d’énergie et du développement durable et de l’Eco prêt.
Seul celui qui figure dans l’acte de vente a un droit sur le logement
Avant de vous prêter de l’argent, l’établissement de crédit pourra apprécier vos revenus séparément et non pas globalement comme il le ferait si vous étiez mariés : il se peut que vous obteniez, de ce fait, un prêt d’un montant inférieur.
Que vous soyez ou non coemprunteurs, pour avoir un droit sur le logement, il est impératif que vous soyez coacquéreurs,
c’est-à-dire que vos deux noms figurent dans l’acte de vente.
Pour financer l’acquisition, renseignez-vous sur les avantages que pourrait présenter, dans votre cas, un contrat d’assurance-vi